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6/24/2009 Joyeuse Saint-Jean ! Vive la Saint-Jean et les autres gens !
Même sans les défilés de chars, sans les feux de joie autour desquels on dansait le soir, sur la place du village, sans les souvenirs d'une vie plus insouciante, plus jeune en tous cas, sans soldes d'été, sans remaniement politique, et désormais sans Michael... Joyeuse Saint-Jean à tous les Jean ! Les gens, même les Pierre et les Paul, ceux des quartiers, ils viennent de faire la fête pour se découvrir, partager et mieux se connaître. Alors, pourquoi ne pas organiser les repas de tous les quartiers, le même jour, le 24 juin, jour de la Saint-Jean et terminer le soir par un feu de joie sur la place, en dansant Billie Jean ? Comme s'il n'y avait plus de télé, ni d'internet. Comme si on était un vrai village, avec une âme et l'envie de vivre ensemble. (jpj) contact: jeanpierrejeannin@msn.com 6/18/2009 Le papillon d’Amazonie
Le Premier ministre, Yehude Simon, dont les Indiens réclament la démission, vient, en effet, de proposer l’abrogation des décrets-lois sur les ressources de cette région. L’avenir de chacun de nous est directement concerné par cet enjeu. L’Amazonie, poumon de la planète, constituant une réserve d’oxygène, de faune, de flore et de plantes médicinales, indispensable à l’équilibre climatique mondial. Un arbre abattu, un papillon de moins au fin fond de l’Amazonie et c’est notre vie qui sera bientôt menacée comme l’est déjà celle des 400 000 Indiens, répartis en 65 ethnies, qui constituent la minorité indienne de l’Amazonie péruvienne. Le gouvernement Garcia sortira affaibli de cette crise. (jpjl) Si ce sujet vous intéresse, « Ajouter un commentaire » au bas de cet article. Visitez aussi les albums photos <Pérou Traditionnel> , <Amazonie 1> , et <Tribu Urarina>. Contact : <jeanpierrejeannin@msn.com> J’ai pris ces photos dans les années 90, près de Tingo Maria, durant la "guerre" menée alors contre les narco-trafiquants qui exploitaient déjà la forêt amazonienne en déboisant des surfaces immenses pour planter de la Coca. Le militaire qui sort de l'hélicoptère est le Général Juan Raul Zarate, alors Commandant Général de la lutte anti-drogue (DEA). (jpj)
5/27/2009 De-ci de-làDu Pérou à l’Abbé Vachère, en passant par le pays Mirebellois et le futur informatique.
Par ailleurs –je devrais plutôt dire « par ici », il y a aussi Mirebeau et pas mal de projets à mettre en ligne dont, bien sûr l’histoire de l’Abbé Vachère. Devant le calvaire construit par l'Abbé Vachère: Régis Criton, de Mirebeau-sur-Bèze, son épouse Sylvie et leurs enfants, avec votre serviteur. (photo Rj) On m’accuse de faire de l’abbé une Arlésienne et de ne pas publier cette histoire par crainte de représailles. S’il est vrai que l’on m’a fortement déconseillé de remuer les cendres du sulfureux abbé, personne ne m’a menacé de quoique ce soit. De toutes façons, mon propos ne sera pas de prendre parti pour ou contre l’Abbé Vachère, ni de ranimer les hostilités qui embrument cette affaire. Je ne vise qu’à raconter, aussi objectivement que possible, des faits indiscutables qui se sont déroulés à Mirebeau il y a un peu moins de cent ans. L’autre Mirebeau, Mirebeau-sur-Bèze en Côte d’Or, notre voisin de dictionnaire, avec lequel ce site a créé un jumelage virtuel, est venu ce 2 mai nous rendre une visite bien réelle, en la personne d’un de ses Conseillers municipal et adjoint à la Communauté de Communes, le très dynamique Régis Criton et son épouse, Sylvie. Piloté par votre serviteur, les Mirebellois ont été reçus par deux Conseillers mirebalais, MM. Léger et Gaudineau. A quand un jumelage pour de vrai ? Enfin, venant de passer quelques jours en pleine cambrousse, j’ai rêvé d’un système qui permettrait de télécharger un site sur le disque dur d’un ordinateur portable et de pouvoir le montrer ainsi à ses amis, sans connexion à Internet… Qui prétend qu’il ne faut pas rêver ? La fondation Mozilla vient de sortir la version Bêta d’un programme, Prism, qui vous permet de visiter vos sites favoris sans connexion à Internet. Prism sera bientôt intégré à la version 3,5 de Firefox (http://prism.mozilla.com). Contact jeanpierrejeannin@msn.com
4/6/2009 C'est le Pérou (2).C’est le Pérou ! (2)
« El Mirador », immeuble d’où j’embrassais le Pacifique, a été repeint. La falaise de terre grise que le moindre tremblement de terre transformait en rideau de poussière est couverte de gazon. Je lève les yeux vers « mon » 18ème, mes matins d’hiver ensoleillés, là-haut, au dessus des nuages qui, six mois par an, enveloppent la ville et l’océan. Malgré le risque de fréquentes coupures d’électricité, j’empruntais alors le monte charge extérieur, m’enfonçant dans le coton jusqu’au parking… Qui aujourd’hui se souvient encore de moi ? Lima elle-même est méconnaissable, fardée de fontaines multicolores, de parcs et d’hôtels cinq étoiles. Le centre historique et les arrondissements chics se sont embellis tandis que la banlieue n’a cessé de s’étendre, incontrôlée et pitoyable. Encombrées de motos poussepousses, les avenues clignotent de centres commerciaux gigantesques et de casinos sordides. Comme les sectes prolifiques, le mauvais goût nord-américain a colonisé les quartiers pauvres. Image protégée par copyright 2009 Déjà chaotique, le trafic urbain des heures de pointe franchit les limites de l’imaginable… Pendu au plafond trop bas d’un « combi » de huit places, écrasé, asphyxié, je me fais des réussites sur le nombre de passagers : vingt, mon vœu se réalisera. Malheureux en transport, heureux aux jeux ! Jamais je ne verrai là d’autre blanc. -« Chauffeur ! Votre encaisseur met ses pattes partout… Tiens, il recommence !» -« ça va, je ne l’ai pas fait exprès. Je m’excuse »… Comment des jeunes femmes élégantes ou des cadres en costume-cravate, peuvent-ils sortir impeccables d’un tas de ferraille aussi déglingué ? Comment les chauffeurs peuvent-ils accélérer, freiner, doubler et se rabattre aussi vite sans tuer personne ? Comment les « cobradors » réussissent-t-ils à ouvrir la porte coulissante, s’accrocher d’une main, hurler l’itinéraire, faire monter les nouveaux passagers, encaisser et refermer la porte sans se faire arracher la tête par les combis concurrents ?... Comment tant de promiscuité n’engendre-t-elle pas de violence ? « Grâce à Dieu !» répond ma belle-mère… Grâce surtout aux Péruviens ; à leur résignation atavique qui les fait trouver naturelle la réparation d’un siège cassé en glissant dessous une caisse de bière vide. Au pied du Mirador, Ruth juge mon émotion exagérée : « Tu ne vas tout de même pas entrer ? Que vas-tu dire ? Il y a quinze ans, j’ai vécu ici. Et tu crois que les portes vont s’ouvrir toutes seules ? » Je sais qu’elle a raison mais je reste là, de l’autre côté de la rue pour mieux apercevoir le sommet, hypnotisé par les vitres polarisées de l’entrée sur lesquelles défilent tant de souvenirs. Soudain, la porte s’ouvre: « Señor Jean-Pierre ! Comment allez-vous ?». Agustino est là, comme il y a quinze ans lorsqu’il m’ouvrait la porte du garage pour m’éviter de m’arrêter à l’extérieur. Je me jette dans ses bras comme on ne le fait qu’en Amérique Latine et je regarde Ruth, feignant de m’excuser d’une victoire aussi probante. Riant tous les deux de l’anecdote dont j’imagine déjà le récit que j’en ferai à ma belle famille, ce soir, pour la veillée de Noël, nous remontons l’avenue Larco, slalomant dans la foule et les paquets cadeaux. Je crois un instant avoir bousculé une jeune femme mais réalise que c’est elle qui s’est jetée sur moi : « Señor Jean Pierre ! Vous n’avez pas changé »… Décidément, ce doit être vrai. Je décide de le croire de toute façon et j’en éprouve un vrai ravissement. Les derniers jours de l’année se sont précipités. Le 31 décembre est là, jaune, comme l’exige la superstition populaire, chacun étant convaincu que la chance l’accompagnera au long de l’année s’il porte aujourd’hui un vêtement de cette couleur. Des boutiques entières ne vendent plus que des petites culotes jaunes… Peut-être parce qu’ils ont souffert plus que d’autres, les Péruviens ont mieux que personne le sens de la fête. Tout, dans leur vie quotidienne, est prétexte à se réunir, manger, boire et danser. Dans trois jours, ce sera mon anniversaire, le plus chaleureux de ma vie d’adulte… J’ai toujours eu du mal à mémoriser les dates et à coordonner mes souvenirs de façon chronologique mais depuis que l’on ne met qu’une seule grosse bougie en forme de point d’interrogation sur mes gâteaux d’anniversaire, j’ai quand même conscience de n’être plus tout à fait aussi jeune. * titre et textes déposés et protégés par par Copyright. jeanpierrejeannin@msn.com ) Les photos contenues dans cet article sont exposées, légendées, dans Photos d'Ailleurs, Album Pérou 2009. ICI 4/5/2009 Lettre ouverte aux photographes amateurs.Prendre des photos est devenu un exercice à la portée de tout le monde et c’est tant mieux. Il n'y a plus besoin, aujourd'hui, d'être photographe pour faire de la photo. Encore convient-il de respecter quelques règles basiques sans lesquelles une photo devient vite « loupée ». Se mettre à la hauteur de son sujet, quitte à monter sur une chaise ou s’agenouiller, fait partie du B.A.Ba. Eviter les contre-jours, à moins d’utiliser un flash, pour que le sujet ne soit pas complètement noir est un autre impératif. Ne déclencher jamais un flash à moins d’un bon mètre de votre sujet si vous ne voulez pas qu’il ressemble à un fromage blanc. Votre appareil propose une option "Yeux rouges" : servez-vous-en. Ne cadrer que l’essentiel en évitant la remorque qui pendra à l’oreille de Mémée ou les jambes du monsieur qui n’a rien à faire là. Tout élément parasite, non indispensable à la lecture de votre image doit être proscrit. Ne prenez pas quinze personnes en même temps à moins de faire les photos souvenir du mariage de votre cousine Berthe et d’utiliser un appareil adéquate. Dominer la mise au point, la profondeur de champ, l'exposition et le cadrage. Toutes ces règles sont simples mais essentielles. Dites à vos victimes de sourire, de vous regarder, de ne pas masquer leur voisin. Attendez que vos modèles se décontractent. Doubler vos photos pour vous donner une chance supplémentaire. Ces quelques conseils feront peut-être de vous un grand maître de l’art mais, plus sûrement, ils éviteront que vos photos soient loupées, archi loupées, loupées de chez loupées... Après cela, viendront les règles plus subtiles qui feront définitivement de vous des photographes appréciés de leur entourage. Pour en venir aux photos des repas de quartiers, j'ai passé des heures à les modifier par des artifices numériques pour les rendre plus attractives. Je l'ai fait avec plaisir mais je propose quand même à toutes les personnes que cela intéresse de leur donner gratuitement quelques cours collectifs de photographie. Envoyez-moi simplement un courriel pour me dire si cette idée vous convient. Bien amicalement à tous. Jeanpierre (18 juin 2009) jeanpierrejeannin@msn.com En attendant, merci aux auteurs des photos "loupées": je conserve leurs oeuvres pour illustrer les cours de phographie que je donne à Poitiers. Promis, je ne cafarderai personne ! 4/1/2009 Une arrête qui passe malCeci n’est pas un poisson d’avril ! Je reçois ce 1er avril (?) de Microsoft, un message-ultimatum, en anglais, m’accordant 48 heures pour supprimer définitivement la photo (fil001 24a) de l’album « Nus 1900 », ainsi que toutes autres photos ou textes, violant le code de conduite imposé par Microsoft, lequel inclut nudité, nudité partielle, pornographie, harcèlement ou tout comportement offensif et illégal. En cas de désobéissance, le site sera purement et simplement fermé. J’ai naturellement obtempéré à cette injonction, en remerciant le ciel de parler anglais et de n’être pas absent pour plusieurs jours. Je pense inutile d’affirmer ici que cette photo, ainsi que toute celles de l'album que j’ai supprimé, ne contenait aucun élément vulgaire, ni pornographique, ni offensant, ni illégal... fut-il de 1900. En attendant, compliments à Microsoft pour cet involontaire mais divertissant « poisson », tellement drôle qu’il n’en n’est pas un. jeanpierrejeannin@msn.com (Vrais) poissons passés: indiscréions 1, 2 et 3-Ceci est un blog up! Le Blog à deux facesLorsqu’à Noël 2006, j’entreprends la construction de ce blog, ma motivation est de réunir un maximum de photos et cartes postales anciennes de Mirebeau et de les faire partager au plus grand nombre. Un jour, la matière première viendra forcément à manquer, quand chacun aura vidé ses boites à chaussures et débarrassé ses fonds d’armoires, mais en attendant, je récolte, classe, restaure, identifie, commente… Le succès est rapide et surprenant. Un ami m’explique que j’offre un produit nouveau, répondant exactement à la demande du marché… Et avec ça ma petite dame, qu’est-ce que ce sera ?...… Pour nourrir mon bébé, je passe des centaines d’heures à « réparer » des visages inconnus, ce qui me procure souvent une intimité profonde avec nos ancêtres- non les Gaulois mais les Mirebalais- et me comble d’émotions… Parce qu’il n’y a pas que Mirebeau au monde et que je suis photographe, un photographe passionné, j’ajoute Photos d’Ailleurs, des ailleurs que les hasards de la vie m’ont aussi offerts, et qui, avec Mirebeau, constituent mes horizons à moi. Aujourd’hui, orgueilleux comme un père, j’observe les vies parallèles de mes blogs: Les statistiques officielles de Windows -scrutées anxieusement- et les rencontres, plus aléatoires, que je fais les jours de marchés, confirment que l’on visite quotidiennement les albums de Mirebeau. Que l’on y télécharge des photos, propose de nouvelles images, ajoute des commentaires et identifie des personnages. On y lit, imprime et copie mes articles… Quelle récompense ! Dans les prochains jours: de nouvelles photos anciennes, des « sous-albums » pour trouver plus rapidement les images recherchées et de nouveaux articles… Photos d’Ailleurs évolue, lui, dans un univers différent, celui de Yahoo, propriétaire de Flickr, plus grand hébergeur de photos au monde. Quelles photos sont regardées, combien de fois, et qu’en pensent les visiteurs : on ne me cache rien. Des messages enthousiastes de supporters cosmopolites me surprennent et me ravissent. J’illustre la couverture d’un roman, celle d’un magazine et d’un guide touristique anglais de Bordeaux. Une centaine de mes photos sont élues par des photographes éminents. Bientôt : de nouveaux albums du Pérou… et d’ailleurs. Comme les quatre tiers du Picon-Curaçao de Marius, ce blog bicéphale offre aussi un éventail médiatique complet de ce qui se passe en France et dans le monde et enfin pour envelopper le tout : quelques musiques que j’aimerais vous faire aimer. A venir : des vidéos originales que vous ne verrez nulle part ailleurs. Inutile de vous inviter à réagir, participer, suggérer… Inutile, mais je vous y invite quand même et vous remercie de me lire et surtout de me critiquer : les occasions ne manquent pas. 3/4/2009 C'est le Pérou (1)Tribus d’Amazonie, sensualité, beauté originelle, hospitalité… Il y a donc des moustiques au paradis ! Les fleuves sont en crues, les ciels de nuits exceptionnels. Réapprendrai-je à dormir dans un vrai lit ? Les plages du Pacifique bordées de dunes gigantesques. Palmiers, oasis et ruines du dernier tremblement de terre. Pisco, Ica, Cañete… Clochers décapités. « Mirar pero no entrar »*. Lima « la horrible », grise, poussiéreuse, sale, chaotique, abimée mais captivante, lumineuse, outrageusement parée comme une fête foraine, pittoresque, dangereuse, attirante, irrésistible comme le Pérou tout entier. Comme les Péruviens : insupportables, incorrigibles, attachants. Il faudra tout dire. Tout montrer et tenter d’expliquer pourquoi on peut aimer si fort. Demain Arequipa la blanche, la vallée du Colca et ses églises énormes dans des villages minuscules. Puis Puno, Titicaca et ses îles hors du temps : Taquilé, Uros, Amantani, Capachica... Enfin l'envoutement du carnaval de la Chandeleur, entre vénération et folie... Depuis deux mois, c’est le premier cyber café qui fonctionne. On peut donc vivre sans téléphone, ni Internet. Merci de vos vœux, votre amitié, votre affection. Merci aux Péruviens qui m'ont tant donné. Pardon de mon silence. Je reviens plein d'émotions, d'enthousiasmes, de photos... J'essaierai de partager. (jpj) *Regarder mais ne pas toucher : risque d’effondrement 11/23/2008 C'est le Pérou (Prologue)C'est le Pérou (prologue ou chapitre Zéro)
Le Pérou, mon Pérou des années 90, pauvre, si pauvre, au ban des nations, incurable, moribond, cholérique, avec ses mères courage, ses bidonvilles, sa foi révolutionnaire, sa théologie authentique, ses tremblements de terre, ses vierges qui pleurent et ses victimes quotidiennes du terrorisme… Mon Pérou, si aimable et tant aimé, qu’est-il devenu ? Photos du Pérou et Diaporama (cliquez) La fillette indienne de 7 ou 8 ans que j’appelais Maria ?... Mariée, presque vieille, la reconnaîtrai-je ? Les voitures monstrueuses multicolores, indéfinies, comme des nuées d’insectes grouillant dans les rues sans noms de Lima l’horrible ? Les jours entiers sans eau ni électricité. Les chauffeurs de taxi du matin, général de division le soir. Les amis dont j’oserai à peine prononcer le nom… « Javier ? Oh il y a longtemps qu’il est mort ». Et les décors sur lesquels, malgré moi, se superposeront tant de visages aimés… Mon cœur d’alors était si gros de Pérou que j’en éprouvais un manque cruel en revenant, chaque année, passer Noël à Mirebeau avec ma chère maman. Sera-t-il supportable le poids des souvenirs qui renaîtront de ma mémoire ? -Son dernier billet parle de quoi ? De l’appréhension qu’il éprouve à repartir au Pérou. A mon avis il ferait mieux de garder ses souvenirs intacts. Peut-on, sans en crever de peine, revoir une vieille maîtresse, qu’on croit encore si belle? - Et tout ça, il va l’écrire ? -Peut-être. Ce n’est pas sûr. - J’espère au moins qu’il nous rapportera de bonnes photos. (jpj) Lire aussi Joyeux Noël ou le temps de l'Avent (cliquez) ( contact: jeanpierrejeannin@msn.com 10/29/2008 MOUNAAu Panthéon de mes grands hommes, ceux dont je garde suffisamment de souvenirs pour les partager, figure Mouna. Il a alors près de 80 ans. Plus parisien que la Tour Eiffel (né en Haute-Savoie !), héraut de toutes les grandes causes, sociales, syndicales, philosophiques, humanitaires ou culturelles, c’est le protestataire le plus authentique et le plus drôle. « Une manif à lui tout seul » disait Cavanna. Plusieurs fois postulant à la candidature présidentielle et opposant de Tiberi à la mairie du V ème où il obtient 722 voix en 1993, il doit, à contrecœur, révéler son vrai patronyme : Dupont ! Pas de Nemours, ni d’Isigny, prénom André, né le 1er octobre 1911. L’usage biographique m’impose d’ajouter ici que cet anarchiste au grand cœur est aussi décédé à Paris, le 8 mai 1999, ce qui, à l’aune de son antimilitarisme, dut bien l’amuser… Orphelin à 9 ans, ouvrier à 13, chômeur, puis garçon de café et même quelque En 1978, sur le campus de Jussieu (Université Paris 6 et Paris 7), il est sacré Empereur débilissime Aguigui 1er. Jack Lang le fait Chevalier des Arts et Lettres. Dernier amuseur public, Mouna est aussi un sage des temps modernes. Infatigable justicier, rien n’échappe à son indignation : travail des enfants, aide aux réfugiés du Chili, programme nucléaire de la France, pardon de la dette aux pays du tiers monde… C’est sur cette croisade que nos chemins se sont croisés. Le marquage des photos que j’ai faites date notre rencontre au 8 juillet 1989. Lui, hirsute, bicyclette d’une main, poing brandi de l’autre, clamant l’amour universel : « La dette, ça suffa comme ci » ! Moi, à quelques semaines de mon départ au Pérou comme diplomate, doublement concerné par le problème de la dette, avec aussi mon Nikon au cou, à l’affût de la photo qui ne fera pas cliché… - Qui es-tu toi ? Pour quel canard tu bosses ? - Je bosse pour moi ! Je suis Free lance. - Fritz Lang ? Non ! Tu m’abuses ! (L’un des derniers films de Fritz Lang s’intitule « Le diabolique docteur Mabuse »). - Tu seras mon photographe personnel et exclusif ! Que personne d’autre ne prenne de photos de moi ! Attention hein ! Je vous ai à l’œil… Avoir mon propre photographe : un rêve de milliardaire, dis… La dette, ça suffa comme ci !... La dette... La journée fut mouvementée, éreintante. Entre deux slogans, nous eûmes le temps d’échanger quelques bribes indispensables à la naissance d’une simple amitié. Nous nous promîmes de nous revoir, mais il ne m’a pas attendu.
On vit peu mais on meurt longtemps… Adieu Mouna. (jpj) jeanpierrejeannin@msn.com (photos Copyright de Jeanpierre Jeannin 2008) |
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